Rapport Pompili sur l’inclusion scolaire

 

« Il y a une véritable coéducation encore à construire« .

Mercredi 14 octobre 2015, La députée Barbara Pompili a présenté son rapport sur l’école inclusive. Ce rapport fait un bilan du système inclusif actuel et propose un certain nombre d’évolutions.  Petit tour d’horizon en lien avec notre projet…

 Il ne s’agit pas de faire une revue exhaustive du rapport mais seulement d’en extraire un certain nombre d’informations qui nous intéressent. L’intégralité du rapport peut être trouvé sur le site de Mme La Députée [Lien vers le rapport sur l’école inclusive]. De plus, il s’agit d’un rapport pour avis et non de recommandations officielles.

Quelques chiffres, quelques faits et quelques propositions…

En quelques chiffres…

  • L’école, toujours le premier budget de l’Etat avec 47,99 milliards d’€.
    • Dont 1529 millions d’€ alloués aux enfants handicapés.
  • Nombre d’enfants handicapés accueillis à l’école primaire : 150000 élèves (2,2% du total des élèves scolarisés).
    • 69% accueillis en classes ordinaires.
    • 42% de ces élèves sont accompagnés par une AVS (28512 ETP).
    • 31% accueillis dans les 4765 CLIS
  • Nombre d’enfants accueillis dans les Etablissements de soins ou médicaux sociaux : de l’ordre de 65500.
  • 1 enseignant référent pour 500 élèves.
  • 76000 personnes accompagnants les élèves en situation de handicap.
    • donc 28000 AESH
    • et 48000 personnes en contrats aidés.
  • 10 à 30000 enfants concernés par l’instruction à domicile (données peu fiables d’après le rapport).
  • La durée réelle de scolarisation des élèves des CLIS dans les classes ordinaires est de l’ordre de 15% (lourdeur des contraintes thérapeutiques, des temps de trajet… impliquant une importante fatigue).
  • Au passage, parenthèse sur les RASED
    • 5849 maitres E + G.
    • 3548 psy. scolaire (1 pour 2000 enfants en moyenne).

Constats

  • « Notre système scolaire ne parvient que très imparfaitement et éprouve même parfois des réticences pour prendre en compte et vaincre les difficultés d’apprentissage des élèves et à besoins éducatifs particuliers […] »
  • « C’est en France, que la corrélation entre la performance scolaire et les hiérarchies socio-économiques des professions est la plus marquée et la plus obstinée. »
  • Petit rappel nécessaire : « C’est à l’école de s’adapter aux besoins et aux différences de l’enfant, et non à l’enfant de se fondre dans la « normalité » présupposée de l’élève tel que le rêve l’institution scolaire. »
  • « Nous sommes démunis » : phrase souvent entendue lors des auditions des équipes éducatives.
    • Face à des handicaps ou des troubles qui exigent des nouveaux gestes pédagogiques. Les enseignants ont l’impression d’improviser.
    • Face aux familles
    • Face à l’institution qui confie « une mission si difficile et si essentielle sans jamais reconnaître ni en récompenser la difficulté ».

Outils pour l’inclusion

  • Le changement de dénomination de CLIS à ULIS doit se traduire par une amélioration de l’intégration dans les classes ordinaires. C’est surtout que la nouvelle circulaire ULIS impose une augmentation du temps d’inclusion.
  • Le défi de l’inclusion requiert avant tout un profond changement d’état d’esprit, qui envisage la différence non comme un défaut à corriger, voire à reléguer dans les structures extérieures, mais comme une opportunité pour l’école de changer ses méthodes afin que celles-ci œuvrent réellement à la réussite de tous les élèves.

  • Le rapport précise : « Il y a une véritable coéducation encore à construire« 
  • Le premier défi est de mettre l’enfant au centre des démarches. Cette exigence de personnalisation doit permettre de lutter contre la tentation de la déscolarisation et contre la tendance à se tourner vers des établissements privés selon le rapport.
  • Mieux former les enseignants aux pratiques inclusives : « L’isolement et la modicité des volumes horaires de la formation générale consacrés aux pratiques de l’école inclusive, qui d’ailleurs prend des formes extrêmement variées selon les ESPE, sont une aberration.« 
  • « Les enseignants de la classe ordinaire doivent travailler très étroitement avec les professeurs spécialisés.« 

Et on notera enfin

L’idée du législateur est bien d’encourager la mise en oeuvre de pratiques pédagogiques au sein de la classe permettant de prévenir l’échec scolaire et aidant directement les élèves dans l’acquisition des apprentissages indispensables à une scolarité réussie. Cette ambition est la mieux servie dans les pratiques de « co-intervention » où le maître de la classe et le maître supplémentaire sont impliqués simultanément devant les élèves mais aussi dans les temps de préparation et de bilan des séances.

 

 

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